Conseils pour les Maitres du jeu (MJ)

12 conseils aux Maîtres du Jeu débutants et aguerris

Masteriser des parties de JDR peut sembler effrayant au premier abord mais avec un peu de pratique et les conseils de ce guide vous allez devenir un MJ du tonnerre.

Masteriser des parties de JDR peut sembler effrayant au premier abord mais avec un peu de pratique et les conseils de ce guide vous allez devenir un MJ du tonnerre.

Devenir un meilleur MJ grâce à quelques astuces

Dans une table de jeu de rôle, le MJ occupe une place à part. Multitâche, il a de nombreuses casquettes : créateur d’univers, conteur, animateur, amis des PJ, ennemis, arbitre, etc. Mais il est surtout garant de l’histoire que vont vivre les joueurs.

Le rôle de MJ est grisant, mais demande beaucoup d’investissement, ce qui peut freiner les débutants qui n’osent pas franchir le cap. Si vous lisez ces lignes, c’est que vous êtes dans ce cas de figure et ce guide est fait pour vous. Vous pouvez aussi être un maître du jeu curieux et c’est une bonne chose, on ne cesse jamais d’apprendre et il est toujours bon de confronter son point de vue à celui des autres.

Certains des points abordés dans ce guide paraîtront être des évidences pour certains, tout comme d’autres vous feront peut-être bondir au plafond. Dans tous les cas, tout est discutable, en matière de jeu de rôle n’y a pas une bonne façon de maîtriser. Tout dépend de vous, de vos joueurs, du type de jeu et des attentes de chacun.

Vous trouverez dans ce guide des éléments issus de ma propre expérience de maîtrise du jeu. Prenez-les comme des astuces ou des angles de réflexion, mais pas comme des vérités absolues.

Trêve de blabla, voici 12 conseils aux meneurs de jeu, qu’ils soient débutants ou aguerris !

Définition du maître du jeu ?

Avant de commencer, un rappel de la définition du MJ s’impose.

Dans une partie de jeu de rôle sur table, il y a d’un côté les joueurs (les PJ) et de l’autre le maître du jeu (MJ). Son rôle est d’animer la partie, il connait le scénario et c’est lui qui est chargé de le faire jouer aux joueurs. Être meneur de jeu implique d’avoir plusieurs casquettes, il faut être :

  • Scénariste ;
  • Conteur ;
  • Metteur en scène ;
  • Acteur.

Le MJ décrit l’histoire à ses joueurs et incarne les différents personnages qui peuplent le monde (on les appelle PNJ, comme Personnages Non-Joueurs) tout en s’adaptant aux actions de son groupe de joueur. Vous l’aurez compris, pour s’adapter, être bon en improvisation est un plus.

Si vous ne pensez pas être capable de devenir MJ, détrompez-vous ! Tout le monde est capable de maîtriser des parties de jeu de rôle, il vous faut juste les bons conseils pour vous lancer 😉

1. N’anticipez pas trop les actions des joueurs

Tenter d’anticiper les actions que vos joueurs vont entreprendre, pour résoudre les problèmes que vous allez mettre sur leur route, c’est être sûr de travailler pour rien et d’être pris au dépourvu le moment venu. Vous allez prendre des heures à mettre en place une scène dont le déroulement sera minutieusement préparé pour donner une session de jeu incroyable à vos joueurs. C’est bien, mais dans les faits, ils vont sortir de leur chapeau une idée complètement imprévue et vous aurez travaillé pour rien.

Soyez sûr que si vous avez prévu qu’ils aillent à gauche, vos joueurs iront à droite… je force le trait, mais l’idée est là.

En tant que MJ, lorsque vous confrontez vos joueurs à un système (nouvelle ville, organisation criminelle, enquête à résoudre…), il vaut mieux maîtriser pas trop mal l’ensemble plutôt que maîtriser parfaitement un seul aspect précis.

Prenons l’exemple d’un camp de bandit à infiltrer : Prévoir un seul point d’accès est un mauvais calcul. À moins de baliser le chemin des PJ de panneaux pour les amener à faire ce que vous attendez d’eux, vous pouvez être sûr qu’ils tenteront des choses que vous n’avez jamais soupçonnées. Et même si vous arrivez à les maintenir sur les rails que vous avez prévus, ils sentiront qu’ils sont pris par la main et le plaisir de jeu s’en trouvera amoindri : les joueurs aiment se sentir libres et veulent que leur choix ait un vrai impact sur le déroulement de l’histoire que vous avez créé, mais qu’ils sont en train de vivre.

Pour reprendre l’exemple de l’infiltration du camp de bandit : maîtrisez l’organisation du camp de bandit et sa vie à l’intérieur, quitte à moins rentrer dans le détail, ainsi, quel que soit le plan de vos joueurs vous pourrez retomber sur vos pattes. Il ne s’agit pas ici de moins préparer vos sessions de jeu de rôle, mais de les préparer différemment. Ayez une vision d’ensemble des choses et adaptez-vous selon ce que vos joueurs entreprennent. Ainsi, ces derniers auront vraiment l’impression de tenir les rênes de l’aventure.

Jeu de rôle, attaque surprise
A l’image de notre ami hobgobelin, vos joueurs vous surprendront très souvent

2. Ne jouez pas contre les joueurs, enfin un peu quand même

Ce n’est pas parce que vous faites face à vos joueurs, caché derrière votre écran de MJ, et que vous mettez des obstacles sur leur route que vous êtes leur adversaire. N’oubliez pas que vos joueurs et vous jouez ensemble pour prendre du plaisir, ensemble, dans des aventures fantastiques, épiques, horrifiques, ce que vous voulez.

Ce point divise souvent, mais surtout parce qu’il est mal compris. Ses détracteurs opposent le fait qu’un maître du jeu ne doit pas être complaisant. Seulement, jouer avec ses joueurs et non contre eux ne veut pas dire qu’on les caresse dans le sens du poil. L’adversité et la difficulté sont ce qui donne sa saveur à la victoire, il faut donc être du côté de ses joueurs, tout en leur tapant assez dessus pour que la victoire soit jouissive.

Il peut arriver que la mort survienne, mais elle doit rester rare, à moins que le jeu ne tourne autour (bonjour paranoïa, bonjour l’appel de Cthulhu), sans quoi on perd de son attachement à son personnage. Je me suis déjà retrouvé dans une campagne où chaque joueur avait perdu son personnage d’origine. À partir de là comment s’attacher à son personnage si on sait qu’il peut mourir à chaque rencontre ?

Ce point peut être très facilement résumé : Si vos scénarios sont trop faciles, vos joueurs s’ennuieront, à l’inverse, s’ils sont trop compliqués ils seront frustrés.

Jeu de rôle, combat d'arène
Mettez vous joueurs dans des situations délicates pour rendre les sessions de jeu intéressantes

3. Débriefez et discutez avec vos joueurs

La communication est la base d’une relation saine et cet adage s’applique aussi dans le jeu de rôle.

Le contrat social dans le jeu de rôle

Cet aspect est absolument essentiel avant de se lancer dans une campagne pour savoir ce dans quoi tout le monde s’engage. On appelle cette discussion le contrat social. Il n’est pas ici question de signer quoi que ce soit, mais plutôt que chacun sache dans quoi il s’engage, ce qu’il attend de la campagne de jeu de rôle à venir, la fréquence des parties, le style de jeu, etc.

Ce point est aussi abordé dans le guide ultime pour créer un personnage de jeu de rôle intéressant. 

Discuter en amont de la campagne avec vos joueurs, de vos attentes et des leurs n’a que des avantages positifs ! À l’issue du contrat social, ils savent dans quoi ils s’engagent et ce qui les attend, ainsi vous augmentez les chances d’avoir des joueurs qui accrochent à votre style de jeu et donc d’avoir des joueurs heureux. Ainsi, vous sécurisez votre table de jdr en évitant des départs au bout de quelques sessions de jeu seulement (attention, le risque 0 n’existe pas).

La communication avec ses joueurs pendant la campagne

Cet aspect est trop souvent mis de côté et est pourtant vital puisqu’il permet aux joueurs de s’exprimer. Ce qu’ils ont aimé, ce qu’ils ont moins apprécié, les choses qui les gênent, etc. Il est important d’échanger avec eux, car cela vous permet d’accentuer les aspects de votre campagne qui plaisent et de moins mettre l’accent sur ce qui les ennuis. C’est comme ça qu’on arrive à créer une campagne de JDR dans lesquels les joueurs se sentent bien.

Ils ont fait trop de combat ces derniers temps et aimeraient plus de scènes de roleplay ? Qu’à cela ne tienne ! Il ne faut pas non plus tomber dans l’excès en faisant tout ce que les joueurs veulent. Vous avez une campagne à mener, mais il est important de prendre régulièrement la température pour éviter les situations de frustrations lorsqu’un joueur ne trouve plus son compte dans votre campagne.

Il faut savoir qu’un problème a priori anodin peut faire effet boule de neige et déboucher sur un vrai sentiment de malaise de la part d’un ou plusieurs joueurs, voire sur un abandon dans certains cas. Combien de joueurs ont quitté leur table, car ils ne se sentaient plus, quelle qu’en soit la raison, en phase avec le groupe ou la campagne ? Beaucoup trop.

Jeu de rôle, combat joueur contre joueur
Ne faites pas comme eux, discutez avec vos joueurs pour détecter les problèmes avant qu’ils ne s’enveniment

4. Les ambiances musicales sont les amies d’une session de JDR réussie

Je dirais même plus : elles font la pluie et le beau temps sur vos sessions de jeu.

Qu’il s’agisse d’une ambiance sonore ou d’une musique, le son est un fantastique guide pour l’imaginaire. Il s’agit d’un outil tellement puissant que je peine à m’en passer, que ce soit en tant que MJ, mais aussi en tant que joueur.

La musique comme aide à l’ambiance

Le cinéma et les jeux vidéo ne s’y sont pas trompé, la musique est un formidable outil pour créer une ambiance et transmettre des sentiments.

Infiltration, combat, mystère, scène épique, urgence, danger, calme, etc. En diffusant une musique bien choisie vous pouvez en l’espace de quelques secondes transmettre l’ambiance de la scène et ainsi les mettre dans l’état d’esprit adéquat.

Je vais illustrer ça avec un exemple simple. Vos joueurs sont dans une nécropole ont réveillé une armée de spectre et de morts-vivants, ils doivent à présent fuir pour échapper à un destin funeste. Si vous diffusez une musique désespérée et épique vos joueurs seront plutôt dans un état d’esprit d’urgence et de danger. Diffusez en boucle la musique de Benny Hill et vous verrez vite que les joueurs n’abordent pas la scène de la même manière.

Les son d’ambiance comme aides à l’immersion

Il n’est plus question ici de musiques, mais plus de sons réels qui vont projeter vos joueurs dans une scène, plutôt que de leur évoquer des sentiments.

Il peut s’agir d’un bruit de foule, du vent qui souffle dans les arbres, d’une bataille épique, de quelqu’un qui frappe lourdement à la porte, etc.

La gestion de ces éléments demande beaucoup plus de préparation en amont de votre part et de la gestion In game en plus de tout ce que vous avez déjà à gérer, mais les résultats sont sans appel : vos joueurs n’ont plus à imaginer l’aventure puisqu’elle vient à eux.

Avec l’expérience vous pouvez vous amuser à mixer plusieurs ambiances pour donner des effets encore plus poussés :

  • Brouhaha de taverne fort + bruit de pluie faible pour simuler le confort d’u’e auberge alors que les éléments sont déchaînés dehors
  • Bruit de foule + bruit des mouettes pour simuler la vie d’une cité portuaire
  • Cris et bruits de combat issus de bataille + clocher en train de sonner car la citée est attaquée par l’armée ennemie.

Il ne s’agit là que de quelques exemples alors que les possibilités sont infinies pour projeter vos joueurs au cœur d’une scène. 

La musique est un élément essentiel pour aider à l’immersion

L’erreur à ne pas commettre quand on essaye d’instaurer une ambiance musicale

Laisser tourner tourner la playlist sans surveillance tu ne feras point

Cela part pourtant d’une bonne intention, mais il y a toujours ce moment où la playlist dérape ou bien ne colle plus à l’ambiance et devient une gêne plus qu’une aide. Pour éviter cette situation, préparez des bibliothèques de sons, de musiques variées puis triez et classez-les de façon à pouvoir gérer le tout facilement pendant votre session de jeu.

Quels outils utiliser pour ses ambiances musicales ?

Internet regorge d’outils pensés pour gérer les ambiances musicales de vos sessions de jeu de rôle. La liste qui suit est loin d’être exhaustive et grossira sûrement au fil du temps :

  • Deezer/Spotify/Autre : Vous pouvez utiliser ces plateformes de streaming audio pour vous créer des playlistes sur-mesure. BO de films, de jeux vidéos, albums de musiques d’ambiance… en y passant du temps, vous pouvez vous créer une bande audio solide accessible depuis votre ordinateur, tablette ou téléphone.
  • Youtube : Youtube regorge de chaînes qui proposent des musiques ou des sons pour vos parties de JDR. Je vous conseille l’excellente chaîne de Michael Ghelfi.
  • Tabletop audio : Site qui regorge de boucles audio de 10 minutes, interfaçable avec la plateforme de jeu de rôle en ligne Roll20

N’hésitez pas à commenter l’article pour proposer des outils, je me ferais un plaisir de les ajouter

rythme-session

5. Les règles du JDR ne doivent pas briser le rythme de la partie

« Vous sortez en courant des catacombes de la ville morte, la dracoliche en furie vous talonne, après tout vous venez quand même de dérober son trésor. De justesse, vous esquivez son souffle glacial, mais un pan de mur vous tombe dessus. Vous perdez…. Attendez j’ai un doute là… Je ne sais plus si vous devez perdre 3d6 points de vie x 1.5, par tranche de 2kg de pierre ou par tranche de 2.75kg de pierre… laissez-moi vérifier, je crois que c’est dans le supplément 4…ou 5..ou 9 je ne sais plus. Mais ne vous inquiétez pas ! On trouvera… tôt ou tard. »

C’est frustrant hein ? Bon, j’ai poussé un peu le trait, mais vous avez saisi l’idée : un point de règle mérite-t-il d’interrompre le jeu ? Si en pleine partie vous bloquez sur une règle, adaptez la pour que le résultat tienne la route et vérifiez après coup dans le livre de règle. À choisir, les joueurs préféreront une petite entorse aux règles plutôt qu’être stoppé net dans leur élan.

6. Prenez du plaisir à masteriser

On ne le répétera jamais assez : le jeu de rôle est un jeu et il n’est pas de jeu sans plaisir. Si vous allez masteriser en traînant les pieds et que vous vous forcez, c’est qu’il y a un problème quelque part.

Certes, le rôle de MJ demande de l’implication et beaucoup de travail, mais vous devez y trouver votre compte. Si vous êtes dans la situation ou votre rôle de MJ ne vous plaît plus, il est important d’identifier les facteurs qui vous gênent afin d’agir dessus.

Parfois il s’agit simplement d’un effet de lassitude qui peut survenir lors de longues campagnes. Dans ce cas il suffit souvent de simplement faire une pause, ou quelque séances sur un autre jeu permettent de “recharger ses batteries”. Mais parfois la source du problème est plus profonde.

Prenez le temps d’y réfléchir pour analyser le ou les points qui vous posent problèmes et voyez comment vous pouvez agir dessus. N’hésitez pas aussi à en parler à vos joueurs, qui pourront vous aider à raviver la flamme.

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7. Utilisez des accessoires de JDR

Le jeu de rôle est un loisir immersif, il est donc logique d’avoir recours à divers accessoires pour instaurer une ambiance qui aidera vos joueurs à se plonger dans le monde que vous avez créé. 

La décoration pour aider à l’immersion dans votre session

Même s’il n’a pas un impact direct sur le jeu, le décorum a un rôle important à jouer quand on parle de création d’ambiance dans le jeu de rôle. En effet, il va permettre à vos joueurs de plonger dans votre univers. Par ce biais, vous allez même pouvoir faire sauter quelques verrous chez les joueurs timides en les aidant à se détacher puisqu’ils peuvent plus facilement se projeter dans le monde auquel vous donnez vie.

Un coffret en bois, une corne à boire, quelques pièces d’or dans un coin, une potion de soin de l’autre côté… En disposant ici et là quelques objets, vous pouvez facilement créer une table qui a du style et qui aidera vos joueurs à se plonger dans leur rôle.

Il peut aussi s’agir d’accessoires que vous ou vos joueurs vont utiliser en jeu :

  • Utilisez des costumes ;
  • Maniez les accessoires liés à vos PNJ importants (baguette, fausse arme) ;
  • Disposez sur votre table de jeu des bougies qui coulent ;
  • Placez des vieux bibelots ;
  • etc.

Si vous n’avez pas d’objets de décorum, un peu d’imagination suffit pour donner du cachet à votre table. Les exemples varient selon le jeu (fantasy, futuriste, horreur, etc.), cela peut aller du parchemin fait en papier + café pour la fantasy aux vieilles photos pour les jeux d’époques, en passant par des gadgets insolites pour du cyberpunk.

Vous pouvez trouver l’inspiration sur notre compte pinterest qui regorge d’idées pour vous donner des idées de décoration de table de jeu ou de craft d’objets qui donneront du cachet à votre table.

⟶ À voir : Trouvez l’inspiration sur notre compte Pinterest dédié au jeu de rôle papier

Le rôliste - Accessoires de jeu de rôle

Les accessoires de jeu pour rendre vos parties mémorables

Les accessoires de jeu, contrairement au décorum, qui est là essentiellement pour décorer votre table, vont avoir un rôle important à jouer dans vos sessions de jeu. Ceci s’explique par le fait quils ont une incidence directe sur le jeu puisqu’ils font partie intégrante du scénario ou des personnages.

Il peut s’agit d’un vieux parchemin à lire à l’envers pour chasser un mal ancien, d’un livre en cuir qui représente votre livre de sort, de pièces en métal et de bijoux qui symbolisent le trésor à dérober, etc. Les accessoires peuvent concerner votre scénario comme ils peuvent être rattachés aux joueurs.

Faites le test et vous verrez que vos sessions de jeu seront beaucoup plus ludiques et mémorables. Comme on le répète souvent chez Le rôliste, le jeu de rôle, c’est une passion du jeu, mais aussi une passion des accessoires. Mettez un livre de sort entre les mains d’un joueur qui incarne un magicien et vous êtes assuré qu’il ne voudra plus s’en passer.

Au-delà de l’aspect gadget, les accessoires permettent aux joueurs de transcender leur imaginaire. Vous avez là une arme de jeu massive dont vous auriez tors de vous passer.

Si vous cherchez des accessoires pour décorer vos tables de jeu de rôle et donner un cachet unique à vos parties, nous proposons toutes sortes d’objets originaux.

Le rôliste - Produits de jeu de rôle immersifs

8. Pour marquer les joueurs à vos tables de JDR, soyez un acteur

Pour rester dans la thématique de l’immersion, incarner les personnages ou créatures avec qui vos joueurs vont interagir va grandement améliorer la qualité de vos sessions de jeu.

Ce point est plutôt sensible, car tout le monde n’a pas la même aisance quand il s’agit de se mettre en scène. Pourtant, il s’agit là d’un outil extrêmement efficace pour aider vos joueurs à se projeter dans l’action.

En effet, en prenant la voix, la posture, et même les tics de langage de vos personnages, vous donnez corps à vos personnages. Ainsi, vos joueurs n’ont plus Mathieu leur MJ en face d’eux, mais bien Agh’Narok, le chef demi-orc qui en veut mortellement au groupe de PJ depuis qu’ils ont éliminé la moitié de sa bande.

Voici quelques pistes pour donner plus de profondeur à votre jeu quand vous incarnez vos personnages :

  • Imitez les voix
  • Reprenez le gestuelle
  • Faites vôtre leurs tics, physiques ou phrasés
  • Utilisez des accessoires qui les symbolisent (on en revient au point précédent).

N’hésitez pas à être dans l’exagération, sans non plus tomber dans la caricature. On se souvient plus volontiers des personnages hauts en couleur avec des traits marqués.

9. Dans un jeu de rôle, les actions des joueurs doivent avoir un impact sur l’histoire

Un des aspects les plus intéressants du jeu de rôle est son côté interactif. En tant que rôliste, on a la possibilité de vivre des aventures dans lesquelles on peut agir selon ses envies.

Sur le papier, c’est tout à fait ça, et c’est excitant, sauf que dans les faits, les envies des joueurs se confrontent souvent avec la trame qu’à prévu le MJ en amont de la session de jeu, ou à son refus de rebondir sur les propositions des joueurs. Les raisons de ce refus sont multiples et souvent indépendantes de la volonté du MJ lui-même.

Autant être direct : une des pires choses qui puisse vous arriver en tant que maître du jeu est que vos joueurs sentent qu’ils sont sur des rails et que leurs actions ne pourront pas les en faire sortir.

Qu’il s’agisse d’une création originale ou bien d’un scénario issu du commerce, les joueurs d’une table de JDR doivent sentir qu’ils peuvent agir sur l’histoire, ou au pire en avoir l’illusion (nous allons revenir sur ce point). Si vous ne faites pas ce travail de liberté d’action, vous pouvez être sûr qu’ils vont rapidement perdre en entrain et en motivation.

Adaptez-vous aux idées de vos joueurs et improvisez

N’oubliez jamais que les joueurs n’ont pas le même niveau d’information que vous sur le scénario en cours. Face à un problème donné, votre groupe trouvera bien souvent une solution que vous n’aviez pas prévue.

Que faire si une solution est viable, mais complètement non préparée ? Leur mettre des bâtons dans les roues pour les faire changer d’avis ? Les amener dans une impasse ? Ces deux solutions peuvent fonctionner de façon très ponctuelle, mais si vous faîtes ça dès qu’un joueur vous fait sortir de votre zone de confort, ils vont très vite se sentir frustrés.

Quelle est donc la solution quand les PJ veulent faire quelque chose que vous n’aviez pas prévu ? Improvisez ! Passez moins de temps à peaufiner les détails et plus de temps à travailler la cohérence globale, ainsi, vous pourrez facilement rebondir sur les idées des joueurs, qui ne manqueront pas d’être créatives.

Il y aura bien sûr toujours ce moment où vos joueurs veulent se lancer dans une opération qui nécessite une réelle préparation de votre part pour qu’elle soit exploitée à son plein potentiel. Dans ce genre de situation, soyez honnête avec vos joueurs. Personne ne vous en voudra de reporter l’assaut sur la base ennemi à la prochaine session si c’est pour offrir des scènes de meilleure qualité. Jouez la carte de l’honnêteté et vous verrez que les joueurs peuvent être très compréhensifs.

Comment s’adapter aux idées de ses joueurs sans ruiner son scénario

Parfois, aussi créatives et intéressantes soient-elles, les idées de votre groupe peuvent vraiment mettre à mal votre scénario, voire toute la campagne. Dans ces conditions comment faire pour que vos joueurs se sentent libres sans pour autant ruiner la trame de l’histoire ? Manipulez-la. Après tout, c’est vous le grand architecte !

Vos joueurs ignorent la suite de l’histoire, profitez-en pour les amener où vous le souhaitez. Vos joueurs se sont mis à dos un PNJ capital pour la suite de l’histoire ? Transférez ce rôle capital à un autre personnage. L’artefact qui devait servir à contenir un mal ancien en fin de campagne a été brisé sur un échec critique ? Créez une quête pour restaurer l’objet ou pour lui trouver un remplaçant.

Cette technique marche aussi avec les lieux : Vos personnages sont allés à droite au lieu d’aller à gauche ? Inversez les deux directions.

L’objectif n’est pas de toujours aller dans le sens des joueurs, mais de rebondir sur leurs actions pour qu’ils se sentent impliqués dans le processus de décision tout en faisant avancer votre scénario.

Je vous vois déjà venir… Effectivement certains joueurs ont tendance à trop tirer sur la corde. Pour gérer ces situations, rendez-vous au point suivant.

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10. Faites assumer les joueurs

Sentiment d’invulnérabilité, tavernes brûlées, PNJ majeur tourné en dérision, etc. On a beau les aimer nos joueurs, ils nous mènent parfois la vie dure. On en viendrait presque parfois à souhaiter qu’ils se fassent attraper par la garde après un énième méfait et purgent une bonne peine de prison pour leur faire les pieds.

Et si je vous disais que parfois, c’est la meilleure chose à faire pour investir vos joueurs dans vos parties ?

Faites assumer aux joueurs leurs actes

Le jeu de rôle, c’est avant tout de l’immersion ,et des prises de décisions qui vont avoir un impact sur l’histoire. Comme on l’a vu dans le point précédent, les joueurs doivent sentir que leur action pèse sur le monde dans lequel ils évoluent, mais aussi qu’elles ont des conséquences, qu’elles soient positives ou négatives. En effet, chaque action de leur part doit compter et ils doivent en sentir les effets.

On rencontre souvent le stéréotype de taverne brûlée par l’ensorceleur du groupe, qui est devenu au fil du temps un running gag. Cette séquence, qui peut paraître drôle pour les joueurs, a néanmoins des conséquences terribles pour les habitants de la ville :

  • Des gens ont pu mourir dans l’incendie
  • La garde de la ville va certainement vouloir mettre la main sur les coupables pour les enfermer
  • Les gens dont la vie a été chamboulée à cause de l’incendie vont sûrement vouloir se venger.
  • Ils vont écoper d’une forte amende
  • Les gens vont leur en vouloir
  • La réputation du groupe va en pâtir

Ces points sont autant d’exemples de choses qui permettront aux joueurs de faire face aux conséquences de leurs « coups d’éclats ».

Faites assumer aux joueurs leurs paroles

On aborde ici un point qui n’est pas une règle absolue, mais plus un élément que j’aime instaurer dans mes sessions de jeu de rôle : la langue du barde (terme honteusement volé à Zone Geek avec l’émission « Histoires au coin du D20« , leur chaîne est une mine d’or d’enseignement et de divertissement rôlistique).

Le concept de la langue du barde est que, dès qu’elle est activée, tout ce qui se dit autour de la table est dit en jeu. Vos joueurs font une blague sur un PNJ en pleine discussion ? Elle est vraiment dite devant lui. Un de vos joueurs lâche d’un coup une blague sur un PNJ ? Ce dernier l’entend et va très certainement prendre la mouche.

Cette règle a plusieurs effets extrêmement bénéfiques dans vos sessions :

  • Vous limitez les blagues, pourtant souvent très drôle, qui ralentissent le jeu et casses souvent le rythme et la tension
  • Vous évitez les discussions de 20 minutes sur la conduite à tenir face à un PNJ qui est en train de vous parler

Avec cette technique, vos scènes de dialogue gagnent en intensité puisque qu’il n’y a pas d’interruption, pas de digression et pas d’aparté pour tenter de trouver quoi répondre à la punchline bien sentie du PNJ ennemi.

Inutile d’utiliser la langue du barde à tout-va, après tout une session de jeu de rôle reste un endroit où on est censé passer du bon temps, sans que vous tapiez du poing sur la table toutes les 5 minutes. Les blagues et les crises de fou rire font partie intégrante du JDR, aussi utilisez cette carte surtout dans les scènes que vous souhaitez intense, ou lorsque vous sentez que vos joueurs se lâchent un peu trop sur les blagues et les digressions, risquant de casser l’ambiance que vous essayez d’instaurer.

En faisant assumer à vos groupes leurs actes et leurs paroles, il ne s’agit pas de leur taper dessus pour les “punir” mais plus de les responsabiliser et de les impliquer dans votre univers. S’ils ne sont jamais confrontés aux conséquences négatives de leurs actes, il y a fort à parier qu’ils vont se sentir porteurs d’un totem d’immunité et petit à petit perdre en sensibilité. Dans ces conditions, leur remettre les pieds sur terre de temps en temps va autant dans l’intérêt de votre scénario que dans le leur.

Personnage en prison
Un passage en prison est toujours l’occasion pour un joueur de réfléchir aux conséquences de ses actions

11. Remettez votre mastering sans cesses en question

En tant que maître du jeu, il est important de se remettre en question. Cette dernière a de nombreux avantages

Analysez votre jeu afin de repérer les points d’amélioration

Personne n’est parfait et le milieu du JDR ne fait pas exception. Même après des années de mastering dans les pattes, il y a toujours des points sur lesquels s’améliorer.

Prenez du recul sur votre façon de masteriser : demandez l’avis de vos joueurs, discutez avec d’autres MJ et échanger vos trucs et astuces. Il est essentiel d’analyser sa façon de masteriser pour essayer de trouver les axes que vous pouvez améliorer.

Adaptez-vous aux gens avec qui vous jouez

Chacun a ses préférences, ses sensibilités et sa façon de jouer. Masterisez de la même façon quel que soit le groupe et vous prenez le risque de voir vos joueurs se lasser. Chaque groupe est différent, il en va de même pour ses attentes.

En plus, les attentes des joueurs évoluent avec le temps, autant vous dire que si vous restez sur la même recette sans chercher à la faire évoluer vous risquez de sentir une certaine lassitude au bout d’un moment.

Joueurs de jeu de rôle au coin du feu
Discutez avec vos joueurs afin de connaître leurs attentes

Prenez les critiques et servez-vous en pour améliorer votre façon de faire du jeu de rôle

Il n’y a rien de pire qu’un MJ qui se croit infaillible et refuse toute critique (constructive, entendons-nous bien). Les joueurs ont aussi leur mot à dire, après tout, ils sont aussi concernés que vous par votre campagne.

Demandez-leur régulièrement ce qu’ils pensent des sessions, de ce qu’ils aimeraient faire, de ce que vous pouvez faire pour améliorer le jeu, etc. La clef ici est de leur demander sincèrement ce que vous pouvez améliorer et de ne pas vous braquer face à leur réponse.

Partez du principe que ce qu’ils vous diront ne peut que vous aider à vous améliorer, et si vous êtes persuadé que vous n’avez rien à améliorer dans votre jeu, laissez-moi vous dire une chose…

12. Comme tout le monde, vous faites ou vous ferez des erreurs

Car oui, qu’on soit MJ débutant ou bien MJ avec des années de meujeutage régulier au compteur, on a fait, on fait et on fera tous des erreurs. Il y aura des petites que vous oublierez aussitôt, certaines qui feront rire toute votre table et d’autres vous hanteront des mois, voire des années.

Pour vous y préparer, voici les deux types d’erreurs que vous pouvez faire en tant que maître du jeu.

Les erreurs de jeu

Le classique trou de mémoire ou bien la mauvaise interprétation des règles… Il arrive toujours ce moment où on fait un faux pas.

Que ce soit un joueur qui vous reprenne sur un point de règle ou que vous bloquiez complètement, rien ne sert de dramatiser, personne n’a la mémoire infaillible. Inutile de s’énerver ou de se confondre en excuses. Si c’est un joueur qui vous reprend et qu’il a raison, corrigez simplement votre erreur. Si vous bloquez sur un point de règle et que personne n’a la réponse, improvisez une règle qui vous semble logique pour ne pas bloquer la partie inutilement. Vous chercherez la réponse au calme une fois ma session terminée.

Vous devrez aussi faire face aux erreurs de masterisation classiques :

  • Scénario mal préparé
  • Interprétation d’un PNJ loupée
  • Combat mal rythmé
  • Oubli d’une information capitale pour faire avancer l’histoire

Il n’y a malheureusement pas de solution miracle à part l’expérience… A force de jouer et de faire des erreurs, leur nombre diminuera petit à petit et vous arriverez à rebondir dessus. Ces petits couacs sont monnaie courante, inutile donc d’en faire tout un plat. Il y a en revanche un second type d’erreur qui peut être bien plus lourd de conséquences.

Les erreurs humaines

Voici un sujet qui mériterait un article à lui tout seul tant il est vaste.

En tant que maître du jeu, vous devez en plus de gérer le jeu, gérer votre groupe de joueurs. Vous devez vous assurer que personne ne se sente mis de côté ou soit frustré, repérer et désamorcer des conflits potentiels ou encore éviter d’aborder des sujets qui peuvent heurter les joueurs ou les joueuses.

Ce point fait écho à la partie numéro 3 de cet article : Débriefez et discutez avec vos joueurs. Il est important d’être vigilant sur comment vos joueurs se sentent en jeu.

Voici quelques points sur lesquels vous devez rester alerte :

  • Repérez les points de frictions entre joueurs pour les désamorcer avant que ça n’explose en jeu ou hors-jeu
  • Ne laissez pas un joueur sur la touche, que ce soit en le laissant hors-jeu trop longtemps ou en lui accordant moins de temps qu’aux autres.
  • Évitez de mettre vos joueurs mal à l’aise en abordant des thèmes délicats (torture, viol, etc.). Le mieux est d’en parler en amont pour cerner les sensibilités de chacun ou bien d’utiliser une X card.

Les erreurs vous font avancer

Tous les MJ ont ces scènes ou même ces sessions entières auxquelles ils repensent avec le recul en se disant « j’aurais dû faire comme ça », ou encore « j’ai vraiment loupé mon interprétation de tel personnage ». C’est certes dommage, mais rassurez-vous, tout le monde passe par là.

Inutile de dramatiser, les erreurs sont faites pour que vous appreniez d’elles et que vous ne les reproduisez plus. Finalement, le plus important dans votre rapport à l’erreur, c’est la façon dont vous réagissez qui importe. Retenez bien ce conseil : prenez les choses avec philosophie et servez-vous de cette expérience pour améliorer votre façon de masteriser.

Personnage de jeu de rôle mort
Les erreurs de jeu, qu’elles soient de votre fait ou des joueurs vous permettront d’apprendre d’elles

Voilà qui conclut cet article en deux parties sur comment être un meilleur maître du jeu.

Si vous vous lancez dans la masterisation, inutile de trop vous mettre la pression. Essayez de suivre les 12 points abordés dans ce guide et surtout faites en sorte que vous et vous joueurs preniez du plaisir, c’est là l’essentiel.

Les 12 points à retenir :

  • 1: N’anticipez pas trop les actions des joueurs
  • 2: Ne jouez pas contre les joueurs, enfin un peu quand même
  • 3 : Débriefez et discutez avec vos joueurs
  • 4 : Les ambiances musicales sont vos amies
  • 5 : Les règles ne doivent pas briser le rythme de la partie
  • 6 : Prenez du plaisir à masteriser
  • 7 : Les accessoires et le décorum
  • 8 : Pour marquer les joueurs à vos tables de JDR, soyez un acteur
  • 9 : Dans un jeu de rôle, les actions des joueurs doivent avoir un impact sur l’histoire
  • 10 : Faites assumer les joueurs
  • 11 : Remettez votre mastering sans cesse en question
  • 12 : Comme tout le monde, vous faites ou vous ferez des erreurs

Contexte sanitaire oblige, ces points fonctionnent tant pour les campagnes de jeu de rôle papier que les campagnes de jeu de rôle en ligne.

Portez-vous bien et n’oubliez pas que l’abus de jeu de rôle est bon pour le moral.

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